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Open banking, open finance: quelles différences avec FIDA et DSP3 ?

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Open banking et open finance sont deux expressions que l’on entend de plus en plus dans les discussions sur les services financiers numériques, parfois utilisées de manière interchangeable alors qu’elles recouvrent des réalités réglementaires bien distinctes. L’open banking, en place depuis 2018 grâce à la directive DSP2, concerne le partage encadré des données de comptes de paiement. L’open finance, encore en cours de codification via le règlement européen FIDA, ambitionne d’étendre ce principe à l’ensemble du patrimoine financier d’un individu : épargne, assurance, crédit immobilier, investissements, droits à la retraite.

À ces deux notions s’ajoute une source de confusion fréquente : la DSP3, pour laquelle un accord politique provisoire a été atteint en novembre 2025. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser supposer, la DSP3 ne porte pas sur l’open finance au sens large ; elle renforce les règles applicables aux paiements dans la continuité directe de la DSP2, sans toucher aux données d’épargne ou d’assurance. Comprendre ces distinctions est essentiel pour anticiper ce que ces textes changeront concrètement pour les emprunteurs et les épargnants en France et en Belgique.

Cet article propose une lecture pédagogique et comparative de ces cadres réglementaires, de leurs mécanismes, de leurs calendriers et de leur incidence sur le scoring de crédit et les comparateurs de produits financiers. Les informations présentées sont générales et éducatives ; elles ne constituent pas un conseil financier personnalisé.

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Comprendre le sujet

L’open banking désigne l’ouverture encadrée des données de comptes de paiement à des prestataires tiers agréés. En France et dans toute l’Union européenne, ce cadre a été institué par la directive DSP2 (directive 2015/2366), entrée en application le 13 janvier 2018. Elle a obligé les banques à développer des interfaces techniques standardisées — les API — permettant à des acteurs autorisés, comme les agrégateurs de comptes (AISP) ou les initiateurs de paiement (PISP), d’accéder aux données de transactions et de soldes avec le consentement explicite du titulaire. Le périmètre reste cependant limité : seuls les comptes courants et comptes de paiement sont concernés.

L’open finance représente l’étape suivante de cette logique. Le terme désigne l’extension du principe de partage de données à l’ensemble des produits et services financiers : contrats d’épargne, assurances, crédits immobiliers, portefeuilles de placements, crypto-actifs, plans de retraite. C’est le règlement FIDA (Financial Data Access Regulation), proposé par la Commission européenne en juin 2023, qui vise à poser le cadre juridique de cet élargissement. FIDA n’est pas encore entré en vigueur : les trilogues se poursuivaient début 2026, avec une adoption formelle attendue courant 2026 et une application en phases à partir de 2027-2028.

La DSP3 est souvent présentée à tort comme l’équivalent réglementaire de l’open finance. C’est une erreur de catégorie. La DSP3 et son pendant direct, le PSR (Payment Services Regulation), révisent les règles applicables aux services de paiement : authentification forte, lutte contre la fraude, clarification des responsabilités. Ces textes consolident l’open banking existant mais ne couvrent pas les données financières hors paiement. La distinction entre DSP3 (open banking paiement) et FIDA (open finance multidomaine) est fondamentale pour anticiper l’évolution du paysage réglementaire avant 2027.

Les deux cadres réglementaires s’appliquent à l’ensemble de l’Union européenne, ce qui signifie que la France et la Belgique sont concernées au même titre que les autres États membres. L’ACPR en France et la NBB (Nationale Bank van België) en Belgique sont les autorités nationales compétentes pour la supervision des prestataires agréés opérant dans chaque pays.

Comment cela fonctionne

Le mécanisme fondamental qui sous-tend aussi bien l’open banking que l’open finance est celui du consentement explicite du titulaire de données. Aucun partage ne peut intervenir sans autorisation préalable, en connaissance de cause, en désignant le destinataire des données, la nature des informations concernées et la durée d’accès accordée. Ce consentement reste révocable à tout moment depuis l’interface du prestataire tiers ou depuis l’espace en ligne de l’institution financière concernée.

Dans le cadre de la DSP2 et de son successeur DSP3, le fonctionnement concret repose sur des API sécurisées développées par les banques. Lorsqu’un utilisateur connecte son compte à un agrégateur, l’outil se connecte à la banque via son API officielle après que l’utilisateur a validé l’accès en s’authentifiant directement auprès de sa banque. Cette authentification forte — qui exige au moins deux facteurs distincts parmi le mot de passe, le téléphone mobile ou la biométrie — garantit que les identifiants bancaires ne transitent jamais par un tiers. L’agrégateur reçoit uniquement les données autorisées sous forme d’un jeton d’accès temporaire.

Avec FIDA, la logique de consentement est identique dans son principe, mais sensiblement élargie dans son périmètre. Un consommateur pourra autoriser un prestataire agréé à accéder non seulement à ses relevés de compte courant, mais aussi à ses contrats d’assurance vie, à ses encours de crédit immobilier, à son portefeuille boursier ou à ses livrets d’épargne. Pour faciliter la gestion de ces autorisations multiples, FIDA prévoit un tableau de bord unique permettant au consommateur de visualiser et de gérer l’ensemble des accès accordés.

Une différence notable concerne la rémunération du partage de données. Sous la DSP2, les banques étaient tenues de fournir un accès gratuit aux prestataires tiers. FIDA introduit une rupture : les institutions financières auront la faculté de facturer une rémunération considérée comme raisonnable. Les FDSS (Financial Data Sharing Schemes), cadres techniques sectoriels que les parties prenantes devront élaborer pour chaque catégorie de données, joueront un rôle central dans la définition de ces modalités. Leur établissement constitue l’une des principales inconnues du calendrier d’application effectif de FIDA.

Les critères généralement analysés

Pour évaluer la portée de chacun de ces cadres réglementaires, plusieurs paramètres permettent de les différencier de manière rigoureuse, aussi bien du point de vue du consommateur que du secteur du crédit.

Le premier critère est le périmètre des données couvertes. La DSP2 et la DSP3 se limitent aux comptes de paiement : relevés de transactions, soldes courants, virements, prélèvements. FIDA, en revanche, couvre un spectre beaucoup plus large : crédits à la consommation, crédits immobiliers, contrats d’épargne, assurances, investissements en valeurs mobilières, crypto-actifs, droits à la retraite. Les données de santé et les évaluations directes de solvabilité des consommateurs sont explicitement exclues du périmètre prévu par FIDA, ce qui constitue une limite importante.

Le deuxième critère concerne le régime de consentement. Dans les deux cadres, le consentement doit être explicite, granulaire — attaché à des données précises et non à un accès global indifférencié — et révocable à tout moment sans frais. FIDA prévoit un tableau de bord centralisé dédié à la gestion de ces consentements, représentant une avancée concrète pour les consommateurs gérant plusieurs fournisseurs de données.

Le troisième critère porte sur les obligations faites aux institutions financières. Sous la DSP2, les banques devaient fournir un accès gratuit à leurs API. FIDA introduit la possibilité d’une tarification encadrée, sous le contrôle des autorités de supervision. Ce changement modifie l’équilibre économique du partage de données et pourrait influencer l’émergence de nouveaux services financiers fondés sur les données patrimoniales.

Le quatrième critère est celui des garanties contre les usages abusifs. FIDA prévoit des sanctions pouvant atteindre dix pour cent du chiffre d’affaires annuel d’un prestataire contrevenant, témoignant de la volonté du législateur européen de donner aux règles une portée dissuasive réelle. La Commission européenne estime les bénéfices annuels attendus de l’open finance entre 4,6 et 12,4 milliards d’euros pour l’économie européenne, sur la base d’hypothèses de réduction des asymétries d’information.

Les erreurs fréquentes à éviter

La première confusion à dissiper concerne l’équation entre DSP3 et open finance. Nombreux sont les commentateurs qui présentent la DSP3 comme un pas vers l’open finance. C’est inexact. La DSP3 révise les règles des services de paiement — authentification forte, répartition de la responsabilité en cas de fraude, conditions d’agrément — dans la continuité directe de la DSP2. Elle ne touche pas aux données d’épargne, d’assurance ou d’investissement. C’est FIDA qui couvre ces domaines.

La deuxième erreur consiste à croire que FIDA est déjà applicable. Au début de l’année 2026, le règlement était encore en cours de négociation en trilogue. Une adoption formelle est attendue courant 2026, mais l’application effective sera nécessairement différée, en raison des délais de transposition et de la nécessité de définir les FDSS sectoriels. Les estimations disponibles évoquent un calendrier s’étalant entre 2027 et 2030 selon les catégories de données, avec des délais d’implémentation de vingt-quatre à quarante-huit mois après l’entrée en vigueur officielle.

La troisième erreur porte sur la confusion entre les agrégateurs AISP actuels et les futurs acteurs de l’open finance. Un AISP agréé sous DSP2 ne peut accéder qu’aux données de comptes de paiement. Un prestataire agréé sous FIDA pourra, avec le consentement du client, accéder à une vue patrimoniale complète. Un agrégateur existant n’est pas automatiquement repositionné comme acteur open finance : il devra obtenir un agrément adapté et satisfaire aux nouvelles exigences.

La quatrième erreur est de surestimer la rapidité des transformations attendues. Les FDSS doivent être définis par les parties prenantes — banques, assureurs, gestionnaires d’actifs, fintechs — pour chaque catégorie de données. Ce processus de concertation prend du temps, et les premiers schémas sectoriels ne seront opérationnels que plusieurs mois après l’entrée en vigueur formelle du règlement. Compter sur une vision patrimoniale complète disponible via tableau de bord dès 2027 serait donc prématuré.

La cinquième erreur consiste à croire que l’open finance supprime toute confidentialité des données personnelles. Le consentement explicite et révocable reste le socle juridique des deux cadres. Les autorités nationales de supervision — ACPR pour la France, NBB pour la Belgique — conservent toute leur compétence pour veiller au respect des obligations par les prestataires agréés. FIDA s’applique en complément du RGPD, dont les garanties en matière de protection des données personnelles demeurent pleinement applicables.

Comment comparer plusieurs options

Pour un particulier souhaitant utiliser des services fondés sur ces cadres réglementaires, plusieurs critères permettent de distinguer les offres actuelles des perspectives ouvertes par FIDA et d’évaluer la qualité de conformité de chaque service.

Le premier angle de comparaison est le périmètre de données effectivement accessible. Un service opérant sous DSP2 ne peut proposer qu’une vision des comptes courants et des transactions de paiement. Un futur service open finance offrira potentiellement une vision patrimoniale globale intégrant épargne, assurance, crédit immobilier et placements. Comparer ce que chaque service voit réellement, et pas seulement ce qu’il promet, est la première étape d’une évaluation rigoureuse.

Le deuxième critère est la granularité du consentement demandé. Un service sérieux demande une autorisation précise : pour quels comptes, quelles données, pour quelle durée. Un service qui demande un consentement global sans préciser les données concernées ni leur durée d’accès respecte moins l’esprit de la réglementation. La granularité du consentement est un indicateur indirect de la qualité de conformité d’un prestataire.

Le troisième critère concerne la durée de conservation des données. Sous la DSP2, l’accès est limité à quatre-vingt-dix jours et doit être renouvelé activement. Examiner les conditions générales sur ce point permet de vérifier si le prestataire conserve les données plus longtemps que nécessaire à la prestation du service, ce qui soulèverait des questions de conformité.

Enfin, le critère réglementaire reste le plus important : un service opérant sous DSP2 doit être agréé comme AISP ou PISP par l’ACPR en France ou par la NBB en Belgique. Ces agréments sont vérifiables respectivement sur le registre REGAFI et sur le registre de la NBB. Un service non agréé ne présente aucune des garanties prévues en matière de sécurité des données, de séparation des rôles et de responsabilité en cas d’incident.

Conseils pratiques avant de faire une simulation

En attendant l’entrée en application de FIDA, plusieurs démarches concrètes permettent dès aujourd’hui de tirer parti du cadre DSP2 existant tout en se préparant aux évolutions à venir, sans prendre de risques inutiles avec ses données personnelles.

Avant de connecter ses comptes à un agrégateur ou à un comparateur, la première vérification à effectuer est celle de l’agrément du prestataire. En France, le registre REGAFI — accessible sur le site de la Banque de France — liste l’ensemble des prestataires autorisés à opérer en qualité d’AISP ou de PISP. En Belgique, le registre équivalent est tenu par la NBB. Cette vérification prend quelques minutes et permet de s’assurer que le service utilise bien des API officielles plutôt qu’une méthode de scraping, pratique désormais interdite sous la DSP2.

Il est également important de bien lire les conditions de révocation du consentement avant de l’accorder. Sous la DSP2, l’accès à ses données de compte est limité à quatre-vingt-dix jours et doit être renouvelé activement. Comprendre à l’avance comment révoquer son consentement — depuis l’interface du prestataire ou directement depuis l’espace en ligne de sa banque — est une précaution élémentaire.

Dans le contexte d’un projet de crédit immobilier ou de regroupement de crédits, certains établissements financiers utilisent déjà les données open banking pour analyser les flux de revenus et de charges réels sur les douze derniers mois. Autoriser cet accès de manière volontaire peut contribuer à accélérer l’instruction du dossier, notamment pour les profils dont les revenus varient et dont les fiches de paie classiques donnent une image incomplète. Cette démarche reste facultative et n’implique aucune promesse d’acceptation de la part de l’établissement.

En vue de l’open finance à venir, recenser dès maintenant l’ensemble de ses données financières dispersées — livrets d’épargne, contrats d’assurance vie, PEA, encours de crédit immobilier — est une démarche utile, même si l’automatisation de cet inventaire devra attendre l’application effective de FIDA. Enfin, ne jamais communiquer ses identifiants bancaires directs à un tiers : tout service conforme à la réglementation utilise exclusivement les API officielles des banques et ne demande jamais login ni mot de passe directement.

Dans quels cas cette solution peut être pertinente

L’ouverture progressive des données financières — d’abord via l’open banking encadré par la DSP2, puis via l’open finance que FIDA est appelé à structurer — n’apporte pas la même valeur à tous les profils. Identifier les situations dans lesquelles ces outils ont une pertinence réelle permet d’en faire un usage éclairé.

L’emprunteur aux revenus variables — indépendant, auto-entrepreneur, professionnel libéral — est l’un des profils pour lesquels l’open banking apporte déjà une valeur ajoutée concrète. L’analyse des flux bancaires réels sur douze mois via DSP2 peut mettre en évidence une solvabilité régulière que trois mois de relevés ou des fiches de paie inexistantes ne refléteraient pas. Avec FIDA, cette analyse pourra être enrichie de données d’épargne et d’encours existants, sous réserve du consentement du client et de l’analyse complète du dossier par l’établissement.

Le porteur d’un projet de regroupement de crédits bénéficiera également de cette évolution réglementaire. Aujourd’hui, un agrégateur DSP2 permet déjà de consolider les données de flux et de charges visibles sur les comptes courants. Avec FIDA, les encours de crédit immobilier, les contrats d’assurance emprunteur et les épargnes constituées pourront figurer dans un tableau de bord unique, facilitant les échanges avec un conseiller et réduisant les justificatifs à rassembler manuellement.

Le primo-accédant cherchant à comparer des offres de crédit immobilier représente un autre cas d’usage pertinent. Les futurs comparateurs fondés sur FIDA pourront intégrer dans une seule interface les données d’épargne disponible, les encours en cours, les contrats d’assurance et les offres de crédit, permettant une comparaison plus personnalisée. Cette perspective reste conditionnelle à l’adoption et à l’application effective du règlement.

L’épargnant souhaitant optimiser ses placements représente un profil naturellement adressé par l’open finance. La possibilité d’offrir à un conseiller une vision patrimoniale complète et actualisée devrait améliorer la qualité des recommandations, sous réserve d’un consentement explicite pour chaque catégorie de données et d’un contrôle régulier des accès accordés. La petite entreprise cherchant un crédit professionnel pourra également enrichir son dossier en combinant relevés de flux (DSP2) et données de trésorerie ou d’épargne (FIDA), pour une analyse plus fine de sa solidité financière.

FAQ

Quelle est la différence concrète entre open banking et open finance ?

L’open banking, encadré par la DSP2 depuis 2018, se limite aux données de comptes de paiement : relevés de transactions, soldes, virements et prélèvements. L’open finance, que le règlement FIDA vise à structurer au niveau européen, étend ce principe à l’ensemble du patrimoine financier d’un individu : épargne, assurance, crédit immobilier, investissements, crypto-actifs et droits à la retraite. Le périmètre est nettement plus large, mais le principe de consentement explicite et révocable reste identique dans les deux cas.

DSP3 et FIDA, est-ce la même chose ?

Non, ce sont deux textes distincts avec des périmètres différents. La DSP3, accompagnée du PSR (Payment Services Regulation), révise les règles applicables aux services de paiement — authentification forte, lutte contre la fraude, conditions d’agrément — dans la continuité de la DSP2. FIDA est un règlement distinct qui couvre l’accès aux données financières hors paiement : assurance, épargne, investissement, crédit. Les deux textes sont complémentaires mais ne portent pas sur les mêmes domaines.

Quand FIDA sera-t-il applicable en France et en Belgique ?

Au début de l’année 2026, les trilogues entre la Commission européenne, le Parlement et le Conseil de l’UE étaient encore en cours. Une adoption formelle est attendue courant 2026, avec une application en phases à partir de 2027-2028 selon les catégories de données et les schémas sectoriels (FDSS) à définir. Les estimations disponibles évoquent un calendrier s’étalant jusqu’en 2030 pour certains segments, avec des délais d’implémentation de vingt-quatre à quarante-huit mois après l’entrée en vigueur officielle. Ce calendrier reste susceptible d’évoluer.

Mon établissement financier peut-il refuser de partager mes données dans le cadre de FIDA ?

Une fois FIDA adopté et applicable, les institutions financières auront l’obligation de partager les données à la demande du client. Contrairement à la DSP2 où ce partage était gratuit pour les prestataires tiers, FIDA autorise les détenteurs de données à facturer une rémunération considérée comme raisonnable. Le client conserve en toute circonstance un droit de révocation de son consentement à tout moment, sans frais.

L’open finance va-t-il changer la façon dont mon dossier de crédit est analysé ?

L’open finance permettra, avec le consentement du client, d’inclure des données d’épargne, d’assurance et d’investissement dans l’analyse de solvabilité réalisée par les établissements de crédit. Cela pourrait enrichir le scoring, notamment pour les profils atypiques dont les revenus varient. FIDA exclut toutefois explicitement les données de santé et impose que des garanties soient définies pour prévenir tout usage discriminatoire. Les conditions d’octroi de tout crédit restent soumises à l’analyse complète du dossier par l’établissement concerné.

Conclusion

L’histoire réglementaire de l’open banking et de l’open finance s’inscrit dans une progression logique et cohérente. La DSP2, en vigueur depuis 2018, a ouvert les données de comptes de paiement à des prestataires agréés, donnant naissance aux agrégateurs de comptes et aux initiateurs de paiement que des millions d’utilisateurs emploient aujourd’hui en France et en Belgique. La DSP3 et le PSR, pour lesquels un accord politique a été atteint en novembre 2025, consolident ce socle en renforçant la protection contre la fraude et en standardisant les API bancaires, avec une application attendue fin 2027. FIDA représente le passage à une dimension supérieure : l’ensemble du patrimoine financier pourra être partagé, avec le consentement du client, dans un cadre réglementaire unifié à l’échelle de l’Union européenne, à partir de 2027-2028 selon les premières projections.

Pour les emprunteurs et les épargnants, ces évolutions se traduiront concrètement par des services de comparaison plus précis, des analyses de solvabilité plus nuancées et une vision patrimoniale plus complète. Pour que ces bénéfices se matérialisent, il reste nécessaire que les FDSS sectoriels soient définis, que les autorités de supervision renforcent leur capacité de contrôle et que les consommateurs s’approprient les outils de gestion de leurs consentements. En attendant l’application de FIDA, il est utile de vérifier l’agrément des services d’open banking déjà utilisés — sur le registre REGAFI en France ou celui de la NBB en Belgique — et de contrôler les conditions de révocation des consentements accordés.

Les informations présentées dans cet article sont générales et éducatives. Elles ne constituent pas un conseil financier personnalisé. Les conditions d’accès à tout crédit peuvent varier selon le profil de l’emprunteur, les revenus, la stabilité financière, l’établissement financier sollicité, le montant demandé, la durée de remboursement, l’analyse du dossier, les justificatifs fournis et la réglementation applicable. Aucun service numérique, agrégateur ou comparateur ne saurait préjuger de la décision d’un établissement de crédit.

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